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Le Sender ID de Microsoft rejeté par la communauté Open Source
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Cet article a été publié le : 13/09/2004 à 14:41:41
Dernière de modification de l'article : 13/09/2004 14:40:46
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La fondation Apache, responsable du développement du serveur Web du même nom vient de rejetter officiellement le projet Sender ID de Microsoft.


Les développeurs du serveur web le plus utilisé dans le monde (près de 70% selon NetCraft) refusent catégoriquement d’apporter leur soutien à la spécification anti-span proposée par le groupe SendMail.

Non pas qu’ils ne soient pas d’accord sur le principe de la lutte contre le Spam (évidemment) mais la pière d’achopement est encore une fois les conditions de licence imposées par Microsoft.

La fondation Apache précise dans sa lettre du 2 septembre adressée au comité éthique travaillant sur la technologie Sender ID que « Nous pensons que la licence actuelle est globalement incompatible avec l’esprit de l’open source, contraire à la pratique des standards internet ouverts, et plus particulièrement incompatible avec la License 2.0 d’Apache. Ca a au moins le mérité d’être clair...

D’autres acteurs du mouvent Open Source ont également fait par de leurs réserves sur cette tentative de Microsoft d’imposer des conditions de licences contreignantes en échange de sa contribution dans la lutte contre le Spam.

La technologie Sender ID a pour but de bloquer les messages non sollicités via une technologie de confirmation de la source des messages par un tiers de confiance.

Mais En prévoyant des droits de propriété industrielle pour Sender ID, la licence de Microsoft empêche cette spécification de devenir un standard dans la communauté open souce, écrit un membre du groupe de travail dans un message intitulé Motion visant à renoncer à Sender ID.

De nombreuses clauses de la licence Microsoft accompagnant la spécification Sender ID préoccupent en effet les développeurs open source.

Par exemple, d’après une analyse effectuée par Larry Rosen, juriste à l’Open Source Initiative, cette licence imposerait aux fournisseurs de services de messagerie qui intègreraient Sender ID à leurs produits de communiquer à Microsoft quels sont les clients qui l’utilisent puisque ce serait eux l’autorité certifiant de la bonne conduite du client.

Pire, Rosen va jusqu’à soulever les futurs problèmes juridiques qui pourraient découler si Microsoft décidait de déposer certains brevets portant sur cette technologie comme c’est la mode actuellement Outre-Atlantique...

Enfin, la licence dans son état actuel exige que les utilisateurs soient soumis aux lois américaines de contrôle des exportations. Pas vraiment évident pour une technologie destinée à un réseau planétaire.

Car pour qu’une technologie Anti-Spam soit réellement efficace, il faut qu’elle soit deviene un standard au même titre que le protocole http ou Pop3.

Microsoft peut cependant compter sur quelques soutiens comme le groupe de développeurs du projet SendMail (un des principaux Démons mail soux *nix). Sendmail a sorti ce lundi 30/8 un plug-in pour son programme éponyme permettant de lui ajouter les fonctionalités de Sender ID.

Bien que ce module, baptisé "milter", soit en Open Source, les utilisateurs pourraient néanmoins avoir à accepter les restrictions de la licence de Microsoft s’ils décidaient de l’utiliser car il n’est pas sous GPL.

La société Sendmail ne prend pas réellement position sur le sujet : Microsoft a dit que c’était gratuit et ne précise pas que vous avez besoin d’une licence pour cette technologie, a expliqué David Anderson, le PDG de SendMail ; Je ne vois pas pourquoi j’accepterais de signer cette licence. D’ailleurs, les juristes de la société pensent que personne n’a besoin de le faire.

En clair, ils font "comme si" la technologie était offerte par Microsoft et nient complètement la licence qui l’accompagne. Un jeu particulièrement dangereux, surtout quand on le pratique avec une société qui n’hésite pas à aller devant les tribunaux pour éliminer la concurrence.

De son côté, la Fondation Apache conclut dans sa lettre : Nous n’implémenterons pas le support de Sender ID tant que les problèmes de licence n’auront pas été résolus de façon acceptable. » Elle considère qu’« en tant que développeurs de technologies de messagerie électronique open source, nous avons à cœur qu’aucune société ne se voie accorder des droits de propriété intellectuelle sur l’infrastructure internet fondamentale.

Alors, le poisson d’avril sur le "timbre électronique" à "coller" sur chaque e-mail pour l’envoyer, bonne blague ou futur cauchemar ???